Discours de Dr. Sow: Ministre de la Santé
ALLOCUTION DE MONSIEUR LE MINISTRE DE LA SANTE ET DE L’HYGIENE PUBLIQUE RENTRANT
Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement, représentant Son Excellence Monsieur
le Premier Ministre, Chef de Gouvernement ;
Monsieur le Ministre de la Santé Publique et de l’Hygiène Publique sortant
Mesdames et Messieurs les représentants des Institutions bi et multilatérales intervenant dans le secteur de la Santé ;
Honorables Invités ;
Mesdames, Messieurs et Chers collaborateurs,
Permettez-moi tout d’abord, de rendre hommages aux femmes et hommes, victimes des douloureux événements du 28 septembre 2009 et l’évolution positive qui en a suivi permettant une telle cérémonie de passation de services. Des sacrifices de nombre d’individus depuis 2007 et l’engagement de bien d’autres impriment une nouvelle dynamique à la marche de notre histoire commune.
Permettez-moi ensuite, d’exprimer mon contentement pour la confiance que monsieur le Président de la République par intérim, à travers son Premier Ministre, Chef de Gouvernement, a bien voulu m’accorder par ma nomination à la tête de cet important département.
Mesdames et Messieurs,
C’est le lieu aussi de remercier les braves personnels de la santé pour leur dévouement exemplaire lors des douloureux évènements de septembre 2009, sous l’autorité de mon collègue et frère Monsieur le Ministre sortant.
Chers collaborateurs,
La République de Guinée, depuis décembre 2008, a entamé une période de transition qui connaît un nouveau souffle avec les accords de Ouagadougou. A la faveur de cette entente à laquelle ont concouru toutes les parties dont les forces vives de la Guinée, un gouvernement de transition est mis en place avec pour mission le rétablissement de l’ordre constitutionnel et démocratique, au bout de six mois. Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, dans cette conjoncture marquée par une rupture avec l’ordre ancien, doit se fixer des priorités dans la perspective d’imprimer un nouvel élan aux activités de prestation et service de soins et de santé, en faveur des populations guinéennes et de renouer avec la confiance des partenaires techniques et financiers.
La transition dans le contexte de la santé demande une meilleure compréhension de notre mission, qui à mon humble avis, est plus cruciale qu’en temps normal quant à l’exigence de qualité de service rendu et de responsabilité, au regard des impératifs de réussite de notre travail.
La démarche visera essentiellement la consolidation des acquis et l’appui aux mesures urgentes ou à court terme pour remplir de façon efficace la période de transition, garantissant la poursuite des objectifs organisationnels que se fixe le ministère, c’est-à-dire nous tous.
Chers collaborateurs,
La performance d’un système de santé se manifeste par sa capacité à réaliser sa mission et à s’adapter à son environnement.
Nul doute qu’une crise de confiance est actuellement perceptible entre populations et professionnels de santé qui rebute même les partenaires techniques et financiers.
Malgré le mauvais accueil, la tarification parallèle, les conditions déplorables d’hébergement et d’hygiène et le manque de médicaments et consommables, les populations continuent à fréquenter nos structures de soins faute d’alternative. Le privé absorbe les compétences du public et contribue à créer une médecine à deux vitesses. Un malade sur deux n’a pas accès à ces soins en raison de l’insuffisance de ressources.
Les évacuations sanitaires, qui ne bénéficient qu’à une infime minorité, utilisent près de la moitié des ressources allouées aux hôpitaux. Pendant ce temps, des enfants et des mères perdent la vie, faute de moyens financiers pour leur prise en charge.
Par ailleurs, les personnels de santé sont aussi insatisfaits, du fait de la non responsabilisation, du manque de transparence dans la gestion et de l’absence d’un système de sanction, en termes de récompense ou de peine infligée.
Mesdames, Messieurs,
L’analyse sommaire du secteur de la santé me permet d’identifier les faiblesses suivantes : les ressources humaines mal réparties et mal formées; un sous financement du secteur de la santé ; le cadre institutionnel inadapté ; l’Insuffisance de coordination intersectorielle et de Partenariat public/privé.
Cependant, nul n’ignore que le secteur de la santé a exercé un véritable attrait, grâce à un certain nombre de réalisations, au titre desquels on peut citer : le programme élargi de vaccination et des soins de proximité (PEV/SSP), la réforme hospitalière qui a suscité beaucoup de soulagements (j’en sais quelque chose à Mamou, par exemple), l’appui des partenaires techniques et financiers dans la formulation et la mise en œuvre du Plan national de développement sanitaire à travers les différents programmes et projets. Evidemment, je n’oublie pas de souligner l’engagement des populations pour leur prise en charge à travers des mutuelles de santé.
Chers collaborateurs,
J’avoue que face à ce tableau peu reluisant, vous conviendrez avec moi, que la situation est des plus critiques et en appelle à une réforme profonde que nous devons ensemble enclencher et poursuivre, même après la transition actuelle.
Je voudrais vous proposer des mesures urgentes qui devront mobiliser tout le monde aussi bien les acteurs nationaux que les
partenaires bi et multilatéraux, pour la qualité des soins et services de santé dans notre chère Guinée.
Mon objectif, en venant à la tête de ce ministère, est l’amélioration de la Gouvernance du Système de Santé et de façon spécifique la Gouvernance du Secteur de la Santé, pour le mieux être de nos braves populations.
Concrètement, Il s’agit principalement, de poursuivre les efforts de relance du programme élargie de vaccination et des soins de proximité ; d’assurer la disponibilité des médicaments ; de s’orienter vers une vraie prise en charge des malades aux urgences ; d’humaniser nos structures de soins et d’améliorer l’environnement des soins en appuyant le dialogue social par la valorisation des ressources humaines, sous-tendue par une volonté de moralisation de la gestion dans nos établissements de soins et de services.
Chers Collaborateurs,
Vous avez choisi à juste titre une profession dite noble et estimée. Mais force est de constater que ces qualificatifs, pour ne pas être vains, sont à mettre en lien avec le degré de conscience professionnelle et d’empathie avec lequel vous entourez vos malades. La satisfaction morale est donc la contrepartie de l’énorme exigence de la profession médicale et soignante. C’est avec dignité et espoir qu’il faudrait aborder cette transition, pour qu’ensemble nous changions notre pays avec l’amélioration des conditions de travail et de vie du guinéen.
Pour ma part, je m’engage à ne rien ménager ni de mon temps et ni de mon intelligence pour traduire dans les faits les recommandations de Monsieur le Président par intérim et de son Premier Ministre, chef du Gouvernement, pour une transition réussie et apaisée. Je suis d’avance persuadé, Mesdames et Messieurs, que nous nous comprendrons et que je trouverai en chacun de vous, des collaborateurs déterminés pour l’atteinte de nos objectifs communs avec l’appui sans cesse constant de nos partenaires techniques et financiers.
Vive la Coopération Internationale !
Vive la République de Guinée ! Je vous remercie
Conakry, le 19 février 2010 Dr. Ibrahima Sory SOW
Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique
Alpha Condé pour le second tour















